christianisme

Extrait du Journal d'un végétarien

L’impasse du christianisme

      A l’antiquité succède en Occident 2000 ans de christianisme. Or, en ce qui concerne l’animalité et la place de l’homme dans la nature, c’est une période de régression et d’obscurantisme car l’homme est alors irrémédiablement séparé de la nature et des animaux qu’il se doit d’exploiter (« Fructifier et multiplier vous, et remplissez la terre. Vous serez un objet de crainte et d’effroi pour toutes les bêtes sauvages et pour tous les oiseaux du ciel, pour tout ce qui rampe sur le sol et pour tous les poissons de la mer ; entre vos mains ils sont livrés. » Genèse). Cette vision du monde, qui oppose l’homme à la nature, est en réalité isolée : les autres civilisations dans le temps comme dans l’espace ne pratiquent pas ce mépris des animaux, ni cette surexploitation des ressources naturelles…

Les peuples de chasseurs-cueilleurs constituent notre passé. Ceux qui subsistent encore ne se situe pas en dehors mais en dedans de la nature : ceci relève du bon sens élémentaire (dont on se demande comment on a pu se croire dispensé), car, à long terme, nous sommes dépendants de notre milieu au même titre qu’un poisson rouge de son bocal… Ne se considérant pas comme des êtres à part, ils se sentent intégrés dans le monde vivant qu’ils respectent : lorsqu’un animal est tué ou un arbre abattu, des rites sont pratiqués pour s’en « excuser » et le prélèvement est limité au minimum. Leurs populations étant très faibles et leur mode de vie nomade, ces chasseurs-cueilleurs ne font que prélever le superflu de la production de la nature, qui trouve le temps de se renouveler. Ce mode d’exploitation aurait pu durer indéfiniment si la civilisation de gaspillage et de surexploitation dans laquelle nous vivons n’était en train d’éradiquer ses peuples oubliés. D’après les datation récentes, l’histoire de la famille humaine occupée à la cueillette et à la chasse a durée deux millions d’années alors que la civilisation, qui se caractérise par l’agriculture, l’élevage et les cités-Etats, date de seulement 10 000 ans, ce qui représente cinq minutes dans une journée d’humanité !

Encore plus que les grecques, la mythologie et la civilisation égyptienne sont peuplées d’animaux et de dieux mi-hommes mi-bêtes. L’hindouisme et le bouddhisme, qui sont toujours des religions majeures par le nombre de pratiquants, sont célèbres pour le respect de l’animal. Heureusement, à l’intérieur même de la religion chrétienne, le frère François d’Assise constitue une exception par son Cantique des créatures qui célèbre l’ensemble de la nature, y compris bien sûr les animaux et en particulier son « frère loup » de Gubbio.

Pierre Jouventin, Le propre de l’homme sous le microscope in La raison des plus forts- la conscience déniée aux animaux, p. 11-12, 2010 © imho / Coll. Radicaux libres

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