Ethique

 

 

 

Les questions générales d’éthique dans la consommation (mode de sélection, de production, traitement des employés, etc.) s’appliquent également au choix des aliments, mais la question spécifique et récurrente dans ce domaine concerne l'exploitation animale. C'est à dire l'exploitation de créatures sensibles et intelligentes pour satisfaire les besoins (justifiés ou pas) des humains.

Ainsi, au nom de l’éthique, se sont développés des mouvements de protection animale, de bien-être animal et plus spécifiquement des mouvements prônant le végétarisme, le veganisme ou l’antispécisme (terme popularisé par Peter Singer, auteur de l’article sur l’éthique de l’Encyclopædia Universalis). Cette réflexion n’est pas nouvelle, au long de son histoire la dimension éthique et non-violente du végétarisme a été soutenu par de très nombreux philosophes et penseurs comme Plutarque, Pythagore, Léonard de Vinci, Lamartine, Schopenhauer, Léon Tolstoï, Albert Einstein, ou Gandhi.

Le fait que la majeure partie des aliments d'origine animale ne soient pas nécessaire à la santé humaine et les nombreuses constatations des ravages écologiques de l’élevage apportent de nouvelles dimensions à la réflexion éthique sur l'exploitation animale en général et sur la consommation de viande plus particulièrement.

 


L'éthique environnementale

 

Traduit par l’éthique environnementale et associé aux trois piliers du développement durable les nombreuses études d’évaluation des impacts environnementaux servent à une compréhension et à l'orientation d'activités humaines. Non seulement dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement, les traditionnels modèles de fonctionnement locaux évoluent vers une perception éthique et globalisé de l'environnement. C'est dans une perspective d'adaptation que les activités industrielles et culturelles polluantes reconnaissent l'éthique de l'environnement. Ainsi, dans son contexte civil et sociétale, la compréhension des enjeux de la mondialisation est employée pour expliquer et identifier les activités humaines éthiques avec l’environnement biophysique.

Gosseries (1998) associe le concept d’éthique de l’environnement à celui de protection de l’environnement. Or, ce dernier prit au sens large, recouvre plusieurs objectifs, comme : la sauvegarde d’un environnement non pollué (protection de l’environnement au sens strict), naturel (conservation de la nature) et diversifié (sauvegarde de la biodiversité). De plus cet auteur assigne une triple tâche à l’éthique de l’environnement :

  1. D’une part, interroger la légitimité de ce que l’on appelle - au sens large - la protection de l’environnement ;
  2. Ensuite, la crise écologique a été l’occasion d’un renouveau de la remise en cause de nos systèmes. La question du statut moral des animaux, des plantes, des virus, ou des écosystèmes n’ont guère reçu à ce jour de réponse très satisfaisante, alors que c’est pourtant la question éthique sans doute la plus radicale qu’a réactivé la crise environnementale ;
  3. Enfin la protection de l’environnement met à jour des questions de justice intergénérationnelle et internationale.

Godard (1999) est plus critique, et selon ce dernier la mise en forme d’une éthique ne présente pas d’avantages décisifs, dans le domaine de l’environnement, du point de vue de la capacité à soutenir l’accord sur des normes de comportement ou des orientations pratiques définies. L’origine viendrait des défaillances des connaissances relatives au monde des choses (incertitudes et controverses scientifiques) et des hésitations quant aux repères normatifs. Par ailleurs, le monde des objets, la nature, l’environnement, ne fournissent pas un appui solide pour définir des repères fiables ayant une valeur universelle ni pour formuler des normes éthiques et politiques qui pourraient s’imposer d’elles-mêmes à tous et aux yeux de tous. Ainsi, il propose (Godard, 1999) une réflexion éthique qui devrait se faire plus humble et soucieuse de sa validation effective par des communautés humaines concrètes, sans céder la place à l’économisme, car les préférences économiques et les choix éthiques ne se déterminent pas de la même manière. Par l’analyse de plusieurs travaux d’auteurs – Sachs ; Edelman, & Hermitte ; Brown-Weiss ; Rèmond-Gouilloud ; Larrère ; Gosseries – ; Godard (1999) rappelle historiquement que c’est dans un contexte de critique sociale et de controverse scientifique fondamentale que la dimension éthique des problèmes d’environnement a été introduite. Ce travail le mène à classer les auteurs travaillant sur la question de l’environnement en deux camps : d’une part il y a ceux qui abordent la question à partir des concepts et outils méthodologiques disponibles dans leurs disciplines et rabattent l’environnement sur des problématiques classiques comme la gestion rationnelle de ressources rares, la lutte des classes et les contradictions du capitalisme, ou le développement technique ; d’autre part il y a ceux qui y voient un enjeu intellectuel et un défi pour la société, appelant un traitement inédit. Parmi cette dernière catégorie nous retrouvons, entre autres, Lucie Sauvé et Carine Villemagne (2006) qui ont réalisé une catégorisation des principaux courants en éthique. Ce travail donne des repères relatifs à leur fondement, à savoir, égocentriques (centré sur soi), anthropocentriques - centré sur l’espèce humaine-, sociocentriques - centré sur le groupe social-, biocentriques - centré sur chacune des espèces vivantes et sur l'ensemble d'entre elles-, écocentriques - centré sur l’ensemble des êtres vivants et non-vivants en interrelation au sein des écosystèmes ou milieux de vie - ou une combinaison de ceux-ci. Sans que la liste soit exhaustive, nous repérons onze courants différents :

  • La Deep Ecology ou l’éthique de l’écologie profonde ;
  • Le Land Ethic ou l’éthique de la communauté biotique ;
  • L'écologie sociale ;
  • L'écoféminisme ;
  • L’éthique de la responsabilité environnementale ;
  • L'éthique du développement durable ;
  • L’écocivisme et l’écocitoyenneté ;
  • L'éthique du dialogue social ;
  • L'éthique environnementale de type critique ;
  • La bioéthique ;
  • L'éthique de la justice environnementale.

Parmi les éthiques repérons celle du développement durable. Précisons que ce courant fait partie des éthiques anthropocentriques (Sauvé, & Villemagne, 2006), dans lesquelles l’être humain y est le centre de la moralité, correspondant à la vision habituellement reçue de la morale, les êtres humains (parce qu’ils sont raisonnables, libres et conscients de l’être) sont considérés comme des fins en soi : le champ de la moralité et celui de l’humanité sont coextensifs (Larrère, 2006). L’éthique de l'environnement et du développement durable est fondé sur quatre principes (Prades, 1995) :

  1. Les êtres humains constituent la centralité de la planète ; cela se traduit par une responsabilité de sauvegarde et de développement de la vie sur la planète ;
  2. Les êtres humains visent la progression de l'humanité et ainsi « à gérer leur rapport au monde comme bons administrateurs » ;
  3. Les êtres humains doivent remplir trois devoirs essentiels : l'autonomie, la solidarité et la gestion du monde ;
  4. Le principe du développement durable doit « orienter le devoir et l'idéal de gestion humaine de la planète ».

Selon cette approche l’humain domine la nature dont il utilise rationnellement les ressources afin de ne pas entraver la croissance économique, vue comme une condition essentielle du bien-être humain (Sauvé, & Villemagne, 2006). Pour Droz (Droz et al., 2006) une éthique qui garantit une perspective à long terme – pour la planète et ses habitants – ne peut être durable que si elle est basée sur un éthos global fondé sur le consensus. Cette éthique, dites globale, se nourrit du processus de mondialisation, qui impose la constitution d’une société planétaire, et conduit à réduire les différences entre les multiples visions du monde et exige de convenir d’un système de valeurs communes. L’éthos résulte de quatre prises de conscience :

  1. une conscience anthropologique – découverte de l’unité dans la diversité – ;
  2. une conscience écologique – découverte des êtres humains comme habitant, avec d’autres mortels, une même sphère vivante ;
  3. une conscience civique – responsabilité et solidarité avec les autres êtres humains et avec la Terre – ;
  4. une conscience spirituelle de la condition humaine – place essentielle dans le travail de la pensée, de la compréhension–. L’éthique doit inspirer, à tous les niveaux, l’éducation à l’environnement par notre relation avec la Terre, avec les autres êtres humains et avec tous les êtres vivants. C’est donc une éthique de la solidarité, de la participation démocratique, de la reconnaissance de l’altérité et des différences, du pluralisme, du respect des droits des minorités et de la diversité des traditions, des cultures et des environnements naturels.

Lire tout l'article sur l'éthique

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site